Partager sur Facebook
CLINIQUEMENT VÔTRE

CLINIQUEMENT VÔTRE

Vers un nouveau Visage


Dre Lise  Tremblay

Selon la Société canadienne du cancer, le cancer du poumon représente le deuxième type de cancer le plus fréquemment diagnostiqué et la première cause de décès par cancer au Québec. Malgré les avancées dans la prise en charge, le pronostic demeure sombre.

Le traitement du cancer pulmonaire non à petites cellules (CPNPC) de stade métastatique a considérablement évolué au cours des dernières années. Historiquement, bien qu'il y ait plusieurs sous-types histologiques connus, le CPNPC était considéré comme une seule et même maladie. Une association d'un sel de platine et d'une chimiothérapie cytotoxique de troisième génération était l'option proposée aux patients dont la condition générale permettait de recevoir un traitement. Au début des années 2000, des traitements de deuxième intention ont démontré un bénéfice de survie semblable à celui observé en première ligne.

Pour la première fois, la survie médiane a franchi le cap des 12 mois grâce à une personnalisation de la prise en charge. On a démontré l'impact de l'histologie dans la réponse à la chimiothérapie. Les carcinomes non épidermoïdes sont désormais admissibles à une association de sel de platine et de pemetrexed.

L'introduction de stratégies de maintenance a permis d'améliorer la survie d'une population présentant un bon état général et ayant répondu à la chimiothérapie de première intention.

Le développement des thérapies ciblées représente un tournant majeur dans la prise en charge. Il est le résultat d'une évolution de la compréhension du cancer du poumon : nous savons maintenant que le CPNPC n'est pas une seule maladie, mais bien plusieurs tumeurs avec des caractéristiques génétiques qui lui sont propres. Il s'agit fort probablement de l'avancée la plus spectaculaire des dernières décennies dans le cancer du poumon. Les grandes sociétés en oncologie, dont l'American Society of Clinical Oncology, ont recommandé que la recherche de ces marqueurs soit faite chez tous les patients de stade métastatique afin d'offrir dès le début le meilleur traitement. Plusieurs études ont confirmé la supériorité des thérapies ciblées sur la chimiothérapie cytotoxique en ce qui concerne les taux de réponse, de survie sans progression et de qualité de vie (Rosell et al., 2012).

Récemment, une étude a souligné l'importance d'introduire précocement les soins palliatifs chez les patients avec un cancer du poumon métastatique (Temel et al., 2010). En effet, cette étude a démontré une diminution de la dépression et de l'anxiété. Cela a aussi favorisé une meilleure prise de décision quant aux soins de fin de vie. Finalement, un avantage de survie de deux mois a été mis en évidence pour l'introduction précoce des soins palliatifs, amenant un changement important dans la pratique.

Les avancées récentes sur la biologie moléculaire dans le cancer du poumon ont amélioré la compréhension de cette maladie fort complexe. La personnalisation de la prise en charge permet d'offrir un traitement individualisé. L'émergence de plusieurs marqueurs laisse croire que l'évolution des nouveaux traitements n'en est qu'à ses débuts. Pour la première fois depuis des années, le visage du cancer du poumon est en train de changer.

Références :

Rosell, R., Carcereny, E., Gervais, R., Vergnenegre, A., Massuti, B., Felip, E., … Paz-Ares, L. (2012). Erlotinib versus standard chemotherapy as first-line treatment for European patients with advanced EGFR mutation-positive non-small-cell lung cancer (EURTAC): a multicentre, open-label, randomized phase 3 trial. Lancet Oncology, 13(3), 239-246. doi:10.1016/s1470-2045(11)70393-x

Temel, J. S., Greer, J. A., Muzikansky, A., Gallagher, E. R., Admane, S., Jackson, V. A., … Lunch, T. J. (2010). Early palliative care for patients with metastatic non-small-cell lung cancer. New England Journal of Medicine, 363(8), 733-742.

Dre Lise  Tremblay, pneumo-oncologue
Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec

 

Recherche

Mots clés

TD