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CLINIQUEMENT VÔTRE

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Effets du massage des mains de personnes atteintes de démence sur l'humeur et le stress des soignants ayant PRATIQUÉ ces gestes

Résultats d'une étude doctorale

L'objectif de cette recherche doctorale était de mieux comprendre les effets du massage des mains sur l'agitation et le stress des patients, ainsi que sur l'humeur et le stress des soignants ayant pratiqué ces gestes. Lors du congrès du SIDIIEF, la chercheuse a présenté les résultats préliminaires portant sur l'effet du massage des mains sur les soignants.

Les manifestations d'agitation sont éprouvantes pour les personnes atteintes de démence, leurs familles et les soignants. Il est alors recommandé d'appliquer en priorité des approches non pharmacologiques. Des recherches scientifiques démontrent que le massage diminue l'agitation chez les personnes atteintes de démence. Par contre, dans la réalité, peu de soignants massent les clients lorsqu'ils sont agités. Le rapport au toucher étant très différent d'un soignant à l'autre, la chercheuse s'est donc intéressée à l'effet du massage des mains sur l'humeur et le stress des soignants qui pratiquent ce geste.

La recherche a été conduite dans un milieu hospitalier aigu de psychiatrie de l'âge avancé. Onze soignantes ont participé à l'étude. Cela inclut autant les infirmières que les aides-soignantes (équivalent québécois de préposé aux bénéficiaires). Une expérience minimale de six mois dans ce département était requise.

Les massages étaient pratiqués trois fois par semaine pendant trois semaines pour chaque client qui désirait participer à l'étude. La durée complète de cette recherche a été de huit mois, et la recherche comprend un volet qualitatif et un volet quantitatif.

Pour le volet qualitatif, les soignants ont été rencontrés en groupe de discussion avant, pendant et à la fin de l'étude.

Le premier élément qui ressort de ces rencontres est que les soignants ont beaucoup d'intérêt à pratiquer les massages, mais qu'ils se sentent peu préparés. La chercheuse précise que cela a seulement été soulevé avant que la formation sur le massage des mains soit donnée.

Ensuite, les soignants mentionnent que le massage permet de se poser, de s'arrêter un moment et que cela peut donner de l'énergie au soignant ou lui en faire perdre.

Les soignants mentionnent également des freins émotionnels qui les amènent à ne pas faire de massage. Par exemple, les mains des clients peuvent être dégoûtantes, car on ne sait pas ce qu'elles ont touché. De plus, certains sont inquiets que le massage soit mal interprété ou qu'il occasionne des comportements sexuels désinhibés. Puis, les soignants expriment qu'il y a une contagion émotionnelle entre les personnes durant le massage. Ainsi, lorsqu'ils éprouvent des émotions négatives, ils hésitent à faire ce geste.

Durant la recherche, les soignants se sont rendu compte que les réactions des clients par rapport aux massages sont souvent imprévisibles. Pour certains clients, les soignants croyaient que le massage allait convenir et finalement, ils sentaient que ça n'était pas le cas. L'inverse aussi est constaté.

Les soignants remarquent aussi que les clients s'habituent de manière positive au massage au fur et à mesure des séances. Et cela, même lorsqu'ils ne reconnaissent pas les soignants.

Pour le volet quantitatif, les soignants ont fait des relevés salivaires une fois par semaine pré et post massage des mains. Ceux-ci étaient ensuite analysés en laboratoire pour mesurer les biomarqueurs de stress. Les soignants qui ne faisaient pas de massage cette journée-là faisaient également des relevés par mesure de comparaison (groupe-contrôle).

Les analyses montrent une baisse physiologique du taux de cortisol chez les soignants ayant pratiqué un massage. Cette variation n'est pas significative, mais elle comporte une grandeur d'effet élevée.

Les analyses montrent une augmentation très légère de l'alpha-amylase après un massage. C'est un effet non souhaité.

Devant ces résultats d'analyses, la chercheuse fournit certaines explications. D'abord, elle mentionne que la perte importante de clients durant l'étude (décès ou changement de département) peut avoir eu un impact négatif sur les données. De plus, la chercheuse estime qu'il est possible que le stress relié au moment fixe pour exécuter le massage et faire les relevés salivaires annule l'effet positif du massage pour le soignant. La chercheuse recommande donc, pour de futures études, que ce moment soit choisi par les soignants.

Finalement, la chercheuse nous informe que, même si la recherche est terminée, le massage des mains est maintenant pratiqué par une grande partie des soignants du milieu de l'étude, même chez ceux qui n'avaient pas participé à la recherche. Le projet a donc eu un impact positif sur ce milieu.

Étudiante chercheuse :

Corinne Schaub, inf, M. Sc., Ph. D. (c) IUFRS, CHUV
Professeure HES
Haute École Santé Vaud
Lausanne, Suisse

Présentation réalisée dans le cadre du 6e congrès mondial du SIDIIEF par :

  • Diane Morin
  • Julius Popp
  • Nicolas Kuhne
  • Patrick Gomez
  • Armin Von Gunten

Résumé par : Virginie Martineau-Aubin


Virginie Martineau-Aubin

 

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