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CLINIQUEMENT VÔTRE

CLINIQUEMENT VÔTRE

Faire la différence en œuvrant du côté sombre du don d’organes  

Un samedi matin comme les autres pour madame Tremblay, un policier se présente à sa porte et brise cette quiétude. L’agent de la paix lui annonce que son fils Maxime a été victime d’un incendie, que sa vie est en danger et qu’elle doit vite se rendre à l’urgence de l’hôpital. À son arrivée, les employés semblent mal à l’aise, fuient son regard et ne lui adressent pas la parole. Elle se rend au chevet de son fils et se dit qu’elle doit rêver. Le médecin se présente et lui explique que Maxime s’est intoxiqué au monoxyde de carbone dans un incendie, qu’il a été réanimé pendant plus de deux heures, que son cerveau a trop souffert et qu’il est impossible de le sauver. Le médecin lui annonce que Maxime avait signé sa carte de don d’organes et lui demande si elle donne son accord pour réaliser cette volonté. Madame Tremblay pleure et ne comprend pas trop la situation. Elle désire honorer les volontés de son fils, mais aimerait en discuter avec les autres membres de la famille.

 

Transféré aux soins intensifs afin de poursuivre le processus du don d’organes, le patient sera sous vos soins. Comment affrontez-vous cette situation?

Les bonnes pratiques 

Pour un don d’organes, l’approche est déterminante. Il est important de laisser cheminer la famille dans l’acceptation du pronostic avant de parler des options de fin de vie. À l’annonce de la mauvaise nouvelle, les pratiques favorisant le consentement et la satisfaction de la famille relativement aux dons d’organes sont, entre autres, assurer une communication du pronostic de manière empathique fournissant des termes, des explications claires et non ambiguës, octroyer du temps pour expliquer et discuter des doutes potentiels, permettre aux proches de prendre du temps avec le patient et les autoriser à faire leurs adieux dans l’intimité (Lopez et al., 2018).

La place de l’infirmière  

Dans un don d’organes, la famille doit comprendre la situation, faire confiance à la transparence de l’équipe, se sentir écoutée et ressentir une reconnaissance de ses souffrances par les soignants (Valdir Moreira Cinque, 2010). Partie intégrante de l’équipe multidisciplinaire, l’infirmière doit être impliquée, dès le début, dans les rencontres de famille afin d’entendre les informations données et, par la suite, revenir sur ce qui a été dit et donner ses impressions à l’équipe médicale. Ainsi, la clinicienne peut accompagner les familles dans la transition et la compréhension de la situation afin d’évaluer où elles se situent dans le processus et d’ajuster le plan de soins.

Pour aborder la question du don d’organes, le choix du moment est une étape importante pour décider des options de fin de vie. Les infirmières jouent un rôle facilitant à l’intérieur des discussions et des prises de décisions concernant les soins de fin de vie (Shepherd, Waller, Sanson-Fisher, Clark et Ball, 2018). En effet, elles partagent le quotidien des proches ayant un être cher hospitalisé aux soins intensifs. Les familles peuvent ainsi établir facilement avec elles un lien de confiance fort. Il n’existe pas qu’une façon de faire pour accompagner les familles dans cette situation. Il faut savoir s’adapter. À ce niveau, la discipline infirmière doit prendre sa place. Chaque geste compte et peut apporter une amélioration !

Comment aider madame Tremblay et sa famille 

  • Laisser du temps.
  • Retirer les politiques restrictives de visites.
  • Offrir un lit pliant dans la chambre afin d’y passer la nuit.
  • Demander à madame Tremblay si elle désire se rapprocher de son fils pour un dernier moment.
  • S’informer et encourager la présence d’autres membres de la famille.
  • Mettre des chaises dans la chambre pour aider la famille à se sentir à sa place.
  • Offrir de faire des empreintes de mains avec de la peinture et des toiles, ou d’autres rituels

Une multitude de possibilités existent pour aider la famille de Maxime à passer de beaux moments à son chevet et à créer des souvenirs positifs. Dans ces situations, il faut faire preuve d’ouverture et de créativité.

Par : Karine Maltais, inf., M. Sc. (étudiante), infirmière-ressource au don d’organes et de tissus au CHU, Université Laval

Références 

Lopez, J. S., Martinez, J. M., Soria-Oliver, M., Aramayona, B., Garcia-Sanchez, R., Martin, M. J., & Almendros, C. (2018). Bereaved relatives' decision about deceased organ donation: An integrated psycho-social study conducted in Spain. Social Science and Medicine, 205, 37-47.

Shepherd, J., Waller, A., Sanson-Fisher, R., Clark, K., & Ball, J. (2018). Knowledge of, and participation in, advance care planning: A cross-sectional study of acute and critical care nurses' perceptions. International Journal of Nursing Studies, 86, 74-81. doi:10.1016/j.ijnurstu.2018.06.005

Valdir Moreira Cinque, E. R. F. B. (2010). Stressor experienced by family members in the process of organ and tissue donation for transplant. Revista Escaola the Enfermagen USP, 44, 992-998. 

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